Lorsque j'ai commencé à m'intéresser aux systèmes naturels dans le bâtiment (après le premier choc pétrolier de 1974) j'ai découvert progressivement tout un tas de choses.
Le mur trombe, le chauffe-eau solaire, les matériaux de construction bio comme la terre le bois et bien sûr le puits canadien/provençal est arrivé, et je trouvais ce système assez génial.
À l'époque je n'ai pas eu l'occasion d'en mettre un en œuvre et je suis devenu ingénieur dans une grosse boîte d'ingénierie, où ce genre de chose n'avait pas voie au chapitre.
Quelques années après la revue "Le Moniteur" a publié un article sur le puits canadien, en fait l'article avait énuméré tous les inconvénients possibles que l'on peut rencontrer, je cite de mémoire :
Les odeurs, les moisissures, l'inondation, l'effondrement, (dans la partie remontante), le lessivage des calories par des courants d'eau vagabond ou permanent.
Encore quelques années plus tard je faisais de la GTB/GTC et un de nos fournisseurs avait déjà instrumenté plusieurs puits canadiens, il faut en effet se méfier d'une simple impression qu'on peut avoir en mettant sa main à la sortie du puits il faut vraiment mesurer les débits et les températures amont aval.
Son verdict était que certains puits fonctionnaient comme prévu et d'autres non, sans pouvoir en trouver les causes !
Encore quelques années plus tard avec mon équipe Onebus, nous avons pas mal avancé sur la conception architecturale des maisons bioclimatiques pour nous rendre compte que l'on pouvait tout à fait construire des maisons sans surchauffe d'été et avec des gains importants en demi-saison (beaucoup moins en hiver) cela sans faire de puis canadien.
Alors pourquoi amocher la nature en faisant une tranchée de 2 m par 20 m dans laquelle on va mettre un tuyau en PVC polluant qui de plus ne sera certainement jamais enlevé à la fin de vie du bâtiment.
Le seul système qui nous paraisse vraiment sur, c'est la nappe horizontale en tuyau PE raccordée à un échangeur air/eau.
Cet avis est surtout pour la construction neuve, en rénovation c'est vrai que quelquefois le nombre de solutions à mettre en œuvre est limité et donc pourquoi pas le puits canadien dans ce cas.
Je terminerais en disant que nous penchons de plus en plus fortement vers le Low-Cost Low-tech, pas tout a fait compatible avec le puits canadien.
Il reste que faire un bâtiment a haute performance thermique (et surtout écologique), c'est un puzzle et mieux vaut une tête (ou un bâtiment) bien faite que bien pleine.
PS
A Vincennes il y a un architecte qui fait des puits de grande dimension couplés a des Fenêtres à effet pariétodynamique pour les collèges/Lycées, il y a une video (à trouver ou retrouver)
Je vous met aussi un lien vers la video Urgence Planète Verte avec beaucoup de retours d'expériences sur le sujet et qui aborde aussi le sujet du bruit.